Thursday, December 2, 2010

Manufacture: le Sha Qing Ji

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    Après avoir cueilli les feuilles fraîches, la première étape de la manufacture consiste à réduire les feuilles, ce process se nomme le Sha Qing. On peut le réaliser soit à la main, dans un grand wok, soit à l'aide d'un Sha Qing Ji. Cette « machine à Sha Qing » est l'objet d'étude de cet article.

    Il existe plusieurs modèles de Sha Qing Ji: des gros, des petits, des longs, des courts...

Sha Qing Ji de taille standard, Jing Mai Shan


Sha Qing Ji venu du Fujian, peu commun dans le Banna, You Le Shan


Vieux Sha Qing Ji, aux alentours de Naka



Artillerie lourde, usine de traitement de Mengsong
     Dans le Banna, l'usage du Sha Qing Ji est très répandu , surtout dans la région de Menghai. La plupart du Tai Di est traité dans cette machine. L'avantage est de pouvoir manufacturer une grande quantité de feuilles en minimisant la durée et l'effort.



    Le travail est environ quatre fois plus rapide en utilisant un Sha Qing Ji de taille moyenne. D'après un producteur de Jingmai, en dix minutes, on peut traiter 8 kg de feuilles à la main contre 40 kg en machine.

    Comment fonctionne un Sha Qing Ji? C'est assez simple: c'est un tonneau rotatif chauffé au feu de bois.


    Le traitement est semi-automatisé: l'artisan contrôle la température et la vitesse de rotation. Sur le modèle le plus courant, l'éjection des feuilles se fait automatiquement grâce à des rainures à l'intérieur du tonneau.

    Contrairement au traitement en wok qui nécessite quelques minutes par fournée, la feuille qui passe dans le Sha Qing Ji est réduite en une poignée de secondes. Cela explique la grosse capacité de traitement de cette machine.

L'appareil photo a eu chaud!
     Le plus important pour l'opérateur est le contrôle du feu. Étant donné la faible durée de traitement, l'intérieur du tonneau doit être très chaud: le Sha Qing Ji est gourmand en bois.



    A la sortie du cylindre, les feuilles ont un aspect fort différent des feuilles traitées à la main. Leur aspect est beaucoup moins altéré: elles ressemblent encore beaucoup aux feuilles fraîches. Bien sûr, l'opération suivante -le roulage- va grandement transformer le visuel de la feuille.

A la sortie du Sha Qing Ji


    Un œil entraîné peut distinguer les feuilles traitées à la main des feuilles traitées en machine. Ces dernières ont un plus bel aspect.

    Pour le producteur, le Sha Qing Ji est plus pratique que le traitement manuel: moins d'effort, moins de temps passé à la manufacture. Pour le consommateur, le traitement en Sha Qing Ji assure un minimum de qualité: le risque d'avoir un thé raté est plus faible.

    Par contre, c'est un investissement coûteux. Bien souvent, dans un village, quelques familles disposent d'un Sha Qing Ji et achètent les feuilles fraîches aux autres, qui se contentent de récolter les théiers.

Les feuilles fraîches achetées aux autres familles sont traitées en fin de journée
     Beaucoup d'amateurs et de vendeurs préfèrent pourtant le thé manufacturé à la main. Ils le disent plus aromatique, plus endurant ou encore procurant de meilleurs sensations. Ce qui est sûr, c'est que le Sha Qing manuel permet un contrôle plus fin: on a un meilleur contrôle du temps de réduction, on peut brasser les feuilles plus ou moins énergiquement...

Gong Fu Cha!

    Faire le Sha Qing en Wok, c'est comme prendre des photos en mode manuel, le rendu peut être meilleur mais il faut une certaine maîtrise. Maîtrise que beaucoup d'agriculteurs n'ont pas, soit par pure négligence, soit par manque de formation.

    Toujours est t-il qu'une manufacture à la main semble être un argument de vente de choix. Est-il justifié? C'est à vous que je pose la question...

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